Le 29 mai 2005, un fort rejet du libéralisme
Conscients du lien qui existe entre les modalités de la construction européenne, les décisions qui sont prises à ce niveau et les politiques menées en France, les Français ont majoritairement rejeté le modèle libé-ral contenu dans le TCE. Ce non massif et populaire essentiellement de gauche a constitué une véritable insurrection civique face à « la seule politique possible », défendu par le gouvernement et la direction de la gauche social-libérale. Ce vote a exprimé le refus d’un libéralisme destructeur et dont le coeur consiste dans l’appauvrissement du plus grand nombre au profit de quelques uns ! Les forces unitaires de gauche qui ont porté ce vote ont démontré qu’il était possible de constituer un front uni et vainqueur face au capitalisme de notre temps. Cependant, cette insurrection civique ne fut pas entendue, ni au niveau européen ni même au niveau français. De la même manière, le gouvernement n’a pas compris que ce sont dans les quartiers où la misère atteint des niveaux record que la violence s’est aussi développée de la manière la plus extrême et il a répondu à cette crise sociale par des inci-tations à la xénophobie et des surenchères sécuritaires au nom du rétablissement de l’ordre. Leur but affiché a été de « ramener la situation à la normale », c’est à dire précisément l’insupportable pour ceux qui y vivent. Au prix d’une répres-sion souvent aveugle.
Pour toute réponse, le gouvernement et la majorité de droite ont adopté à la hussarde la loi « pour l’égalité des chances » qui crée le CPE, l’apprentissage à 14 ans, conduit au travail de nuit dès 15 ans et met en place le contrôle social des familles en difficultés.
La résistance de tout un peuple contre le CPE
A travers la lutte contre le CPE et la loi dite « pour l’égalité des chances », c’est l’ensemble du pays qui a compris que ces nouvelles attaques des libéraux ne sont pas qu’une charge contre les jeunes mais surtout un nouveau recul global de la condition du salariat face au capital. Par sa radicalité et par l’ampleur de sa base sociale, cette lutte sera fondatrice. Elle porte en elle l’affrontement de deux visions du monde où tout un peuple réaffirme son refus déterminé de l’ordre libéral. Face à cette détermination et à l’unité du mouvement, le gouvernement a été obligé de retirer le CPE pour éviter de s’engouffrer encore plus dans une crise de légitimité institutionnelle et politique qu’il n’arrive plus à cacher.
Quelle suite à donner !
A deux reprises des mobilisations, dans la rue et dans les urnes, ont révélé des potentialités et soulignent que combattre les politiques libérales est possible. Dans cette situation et cette dynamique, toutes les forces qui veulent rompre avec les politiques libérales et leur accompagnement social-libéral, doivent répondre à de nombreuses questions. C’est dans cette période d’état d’urgence politique et sociale que nous proposons aux citoyens de débattre des possibilités d’action à mettre en oeuvre non seulement pour gagner contre la droite mais aussi pour mettre en place les conditions d’une véritable alternative politique, économique et sociale au libéralisme.
Quels sont les points d’accords pour avancer ensemble ? Comment peut-on et veut-on créer des liens entre nous dans les luttes, pour les élections, et quels liens entre les luttes et les élections ? Comment faire le lien entre le rejet profond des français du libéralisme et des propositions concrètes à mettre en place ? Comment et sur quelle base l’unité est-elle possible ? Qu’en est-il des candidatures unitaires ? Quelles sont les perspectives au-delà des élections ?
