Depuis l’Acte unique européen et le traité de Maastricht, l’Europe s’attaque à l’Etat social. Le Traité de Luxembourg, 1997 vise d’abord la « compétitivité » des entreprises, c’est-à-dire, en langage bruxellois, la priorité absolue aux intérêts des actionnaires. De ce point de vue, les CNE/CPE, comme le plan de cohésion sociale Villepin contribuent à l’« attractivité » de la France dans une « perspective Bolkestein ». Le travail perd sa valeur pour l’être humain.
La notion de travail est battue en brèche par la notion d’emploi, occupation sans relation avec le diplôme ou la qualification professionnelle : l’objectif d’un partage plus égalitaire de la richesse est remplacé par celui d’un partage de l’emploi, c’est-à-dire par la répartition de la paupérisation entre salariés.
Depuis plus de 20 ans, la part des profits dans la valeur ajoutée a augmenté constamment au détriment de la part des salaires, alors que l’investissement a globalement stagné. C’est le profit non investi qui a très fortement progressé parallèlement à la montée du chômage. Les actionnaires exigent 15 % de rendement par an (ce qui permet de doubler sa fortune en 5 ans et de la tripler en 8 ans !!!). Les fonds de pension anglo-saxons détiennent 40 % du capital des sociétés cotées à la bourse de Paris
Chiffres du chômage et de la précarité :
Ne sont officiellement comptées que les personnes à la recherche d’un emploi durable et à temps complet (cat 1) soit 2 329 900 chômeurs en novembre 2005. Il faut ajouter les travailleurs à temps partiels (450.000), les professions fortement précarisées ‘300.000), les catégories 6, 7 et 8 ayant déclaré plus de 78 heures de travail dans le mois (700.000), les plus de 57 ans dispensés de recherche d’emploi (400.000), les stagiaires, jamais comptabilisés, les radiation administratives (200.000 par mois) … sur un an : 40 000 créations d’emploi salarié, mais 25 000 suppressions d’emploi dans l’industrie. 300 000 offres d’emploi non satisfaites à l’ANPE , face à 2,5 millions de chômeurs officiellement enregistrés (catégorie 1) mais les 7 autres catégories ( travailleurs à temps partiel ou ayant déclarés plus de 78 heures dans le mois, de plus de 57 ans, professions précarisées…) comptent elles aussi 2 millions de personne . Près de 30 % sans emploi, mais l’effort financier pour y répondre est faible : moins de 10 % du budget de la protection sociale, moins de 3 % du PIB. La pauvreté ne cesse d’augmenter. Entre 1/4 et 1/3 tiers de la population rencontre des difficultés de vie. Deux millions et demi de personnes, notamment des femmes, vivent au-dessous du seuil de pauvreté. Il faut prendre des mesures longues de transformation sociale et des mesures d’urgence.
Ce qui fait consensus :
• renforcer les droits sociaux, donner du pouvoir aux salariés dans l’entreprise
• rôle des banques et du crédit, contrôle de la BCE
• partager le temps de travail par la RTT sans réduction des salaires ni flexibilité ni annualisation
• interdire les licenciements boursiers ou dans les entreprises qui font des profits
• contraindre les employeurs (autorisation administrative de licenciement). Non aux licenciements préventifs
• taxer les entreprises qui ont systématiquement recours au temps partiel imposé
• augmenter les minima sociaux, SMIC, pensions, salaires : les gains de productivité sont colossaux.
• représentation collective des chômeurs (UNEDIC)
• revenu minimum européen, lutter contre délocalisations et paradis fiscaux dans l’UE
• créer une sécurité d’emploi et de formation tout au long de la vie, mutualiser les risques dans un même secteur.
• croissance : adopter d’autres critères que la vente des voitures, changer la division internationale du travail
Ce qui fait débat :
• question du travail et d’un revenu d’existence
• pouvoir suspensif des CE (licenciements) : une demi-mesure
• quelle croissance et pour quoi faire ? est -elle être un objectif soutenable, enjeux écologiques planétaires ?
• restaurer barrières douanières et protectionnisme
• contraintes juridiques insuffisantes, s’attendre à une réaction violente des classes dominantes
• concurrence de l’Inde, de la Chine
• Instaurer une notion de crime économique
• Idée de TVA sociale à creuser
