Dans les débats, il y a eu une critique partagée du discours dominant véhiculé par la plupart des médias, le patronat et les gouvernements libéraux.
On nous répète en permanence que nous n’aurions plus les moyens de mener une vrai politique sociale.
Nous étions tous d’accord sur l’idée qu’il fallait d’abord partir des besoins sociaux des gens (des services publics accessibles à tous, une protection sociale développée, des conditions de travail et des salaires décents…).
Et ce n’est que sur cette base qu’il fallait réfléchir aux moyens pour atteindre ces objectifs.
« On pose les choses à l’envers. On part du budget et on élimine pour équilibrer le budget alors qu’on devrait d’abord voir quelle politique mettre en œuvre et poser la question des moyens de son application après ».
« Partir des besoins physiques, ça c’est la démarche naturelle ».
« Redéfinir les finalité : c’est l’humain qui doit être au centre des projets. »
Propositions en vrac : Augmenter la progressivité, supprimer les niches fiscales, lutter contre la fraude et les paradis fiscaux, refuser l’allègement des charges des entreprises, refuser l’allègement de la taxe professionnelle, réformer les impôts locaux, réorientation et réappropriation du crédit bancaire et ce notamment à travers la création de fonds publics.
Mais il faut aussi penser et agir dans un cadre international et européen.
Il faut contrôler et taxer les marchés financiers et même pour certains aller jusqu’à « l’expropriation et la suppression de l’actionnariat »
La Banque centrale européenne doit être contrôlée et il est impératif de lutter contre les traités européens qui limitent les choix de politiques économiques.
Plus généralement, certains ont précisé que c’est la logique même du capitalisme qu’il faut remettre en cause. Produire pour répondre aux besoins sociaux et pas pour faire du profit, repenser les notions de développement économique, de croissance.
« Plutôt que parler de PIB parlons d’indice de développement humain en matière d’éducation, santé, culture. »
« La croissance, quelle croissance et pour quoi faire ? »
Mais certains ont fait remarquer qu’ « il ne faut pas en rester à des moyens techniques astucieux, il faut poser la question de la résistance. »
« On ne peut pas dire simplement, on pompe là, on met là. »
« Un programme ambitieux c’est bien. Mais il ne faut pas sous estimer la résistance en face. » « On ne fera pas l’économie de luttes sociales de haut niveau »
En fait, comme un intervenant a précisé, « parler des moyens de financement c’est aussi parler des moyens de résistance. »
L’aspiration unitaire du 29 mai, le mouvement des collectifs sont considérés par beaucoup comme des points d’appuis pour construire la résistance.
Car force est de constater qu’il y a une colère mais que le mouvement ouvrier recule régulièrement face aux offensives libérales.
Ce qui manque pour la plupart des intervenants, c’est un débouché politique aux luttes.
Mais les désaccords persistent sur la nature de l’alternative politique.
Certains font remarquer que « le fonctionnement de l’économie est guidé par le profit et que des solutions dans le cadre de ce système sont illusoires. »
D’autres pensent que l’on peut changer les choses dans le cadre de ce système.
Mais, tous s’accordent sur l’idée que dans l’immédiat, il faut chercher à s’unir pour résister aux politiques libérales.
Et pour cela, « il faut un socle commun, un programme » Oui mais lequel ?
Et si certains affirment qu’ « il faut pour 2007 une stratégie pour lutter contre la droite, un mouvement populaire et que l’unité de la gauche est essentielle là-dessus. »
Pour d’autres, « il faut construire une alternative politique avec la gauche qui a dit non le 29 mai…et on ne peut rien faire avec la direction du PS ».
Autres citations en vrac durant le forum :
« On allège les impôts de ceux qui épargnent et investissent et on alourdit les impôts de ceux qui travaillent. »
« Les profits des entreprises et les fonds publics aux entreprises représentent 2 fois le budget de l’Etat . Ces profits vont à 51% au paiement des créanciers, aux dividendes des actionnaires et aux placements financiers. »
« On pénalise le travail (et les travailleurs) par rapport aux entreprises et au capital. »
« Nos enfants et petits-enfants hériteraient de notre dette colossale, entend-on.
Faux. On nous culpabilise sur ces questions. Il faut rappeler que nous payons par nos impôts les intérêts de la dette »
« ce sont les recettes futures qui paieront les retraites futures »
« on fait peur aux gens pour préparer les futures mesures … »
« Plutôt que parler de PIB parlons d’indice de développement humain en matière d’éducation, santé, culture. »
« La croissance, quelle croissance et pour quoi faire ? »
« la production à tout crin, pourquoi faire ? »
« Taxer les entreprises, les hautes revenus, les marchés financiers pour financer une vrai politique sociale »
« il y a des entreprises qui font des profits alors pour financer, il faut taxer les profits, c’est la vraie question »
« Modifier la répartition de l’impôt vers une plus grande justice sociale »
« Inégalités devant le crédit, donc se réapproprier la distribution du crédit, à la base de tous les investissements publics.
« A un moment ou à un autre il faudra aller vers une redistribution des richesses. »
