I - Synthèse
La discussion a été l’occasion de mutualiser un certain nombre d’informations sur les débats en cours au plan national ou parisien et de se projeter sur les suites. Elle a notamment permis de faire ressortir deux séries de questions à approfondir au sein de chaque collectif pour en dégager des orientations au niveau de l’intercollectif en septembre :
• le type d’initiative parisienne à prendre
• l’investissement ou non dans les municipales
La lecture du script de la discussion permet de retrouver les principaux éléments d’information, les interrogations et les arguments en présence. En voici une synthèse pour en rester à l’essentiel
1 - La première question soumise à discussion concerne la perspective d’une initiative à l’échelle parisienne sur le projet et le rassemblement de la gauche antilibérale.
La réunion de la coordination nationale des collectifs des 23 et 24 juin a évité le conflit et débouché sur la double décision d’assises des collectifs en novembre et d’états généraux - de toutes les forces antilibérales - qui restent à construire en 2008. D’autres initiatives sont prises sur le terrain de la réflexion de fond. Les uns craignent un émiettement accru mais d’autres espèrent surmonter les fragmentations et faciliter les convergences. Quoi qu’il en soit, la discussion de l’intercollectif a débouché sur l’idée qu’il fallait favoriser tout ce qui permettait d’aller dans le sens des convergences, aussi bien la riposte à l’offensive à Sarkozy que dans l’approfondissement d’un projet alternatif. D’où l’idée de rencontres à l’échelle parisienne à organiser dès octobre prochain. Cette initiative devrait permettre à la fois de donner une perspective aux activités de chacun des collectifs et de contribuer aux différentes initiatives en cour au plan national.
2 - La seconde question soumise aux collectifs est la façon de prendre la perspective des municipales.
Ce premier échange a fait ressortir des approches différentes.
Certains argumentent pour ne pas s’enfermer dans l’échéance des municipales déjà pliée sur Paris ; l’alliance de premier tour du PC avec la liste Delanoë alors que les Verts auront leur liste identitaire, ne laisse aucune marge. Mieux vaut alors contourner cette échéance électorale sur Paris et concentrer les forces sur la riposte à Sarkozy et la reconstruction d’une perspective.
D’autres pensent à l’inverse nécessaire de ne pas se résigner à cette situation et plaident pour une mobilisation des collectifs en faveur d’une liste de la gauche de transformation sociale se plaçant sans ambiguïté dans la perspective de la contribution à la victoire de Delanoë contre la droite et d’une ambition transformatrice pour Paris. Cela supposerait évidemment de dénoncer toute alliance de type MODEM et à la fois de décrocher le PC et de faire bouger tout ou partie de la LCR. C’est donc une stratégie d’appel à concrétiser une perspective qui est préconisée.
La réunion de rentrée de l’intercollectif aura lieu le vendredi 7 septembre au FIAP, 30 rue Cabanis, 75014 Paris et c’est à la réunion suivante du vendredi 21 septembre qu’un bilan des discussions de chacun des collectifs sur ces deux questions pourra être fait.
II - Script informatif
Présents :
Robert (Paris centre), Michèle (5 ème), Eric (11 ème), Bruno et Anne (13 ème), Patrick, Omar, Nicolas, Daniel (14 ème), Franck et François (18 ème).
En préalable : point financier
17 euros à assurer pour la salle. Paiement par chaque collectif de façon tournante (le 14 ème a assuré le paiement du 6 juillet).
1 - Bilan des 23/24 juin
Franck Loizemant
Une participation relativement modeste avec 150 présents.
Un débat en ateliers marqué par un climat dominant anti-partis assez prononcé mais un débat général en séance plénière un peu plus équilibré.
La commission dite de synthèse a réuni 45 personnes avec un débat qui s’est vite fixé sur la question de savoir si les Assises étaient celles de la Gauche Alternative ou étaient plus larges. Le projet de synthèse a finalement retenu une perspective à double détente entre Assises d’abord et États généraux ensuite, en intégrant le terme controversé de « co–organisation ». Malgré un débat assez tendu, les grands équilibres du texte de synthèse ont été globalement confirmés la dimanche.
L’un des paradoxes de la réunion a été que de nombreuses critiques ont été faites en direction du secrétariat mais sans qu’il soit renouvelé.
Bruno
L’ambiance de son atelier du samedi était centrée sur l’idée de la construction d’un mouvement identitaire. _ L’après-midi en plénière a été rééquilibré par les interventions des collectifs parisiens mais le débat du samedi n’était pas représentatif de la salle.
François
Une appréciation politique difficile car la situation reste très instable que ce soit sur l’état de la dynamique des collectifs, sur la stratégie effective retenue qui reste ambivalente, sur le secrétariat. Mais l’intérêt de la rencontre a été de surmonter les risques d’éclatement et de préserver le potentiel des collectifs.
Patrick développe une appréciation positive à partir de l’impact des interventions de l’intercollectif parisien qui ont favorisé une issue.
Omar pense qu’il faut consolider le secrétariat mais en le conditionnant au caractère effectif de l’association des formations politiques au processus de préparation des états généraux et souhaite que le secrétariat se prononce favorablement par rapport à l’initiative « maintenant à gauche ».
Franck revient sur l’appréciation politique en soulignant les opportunités qui se dégagent de la réunion des 23 et 24, se dit favorable à la participation au secrétariat en veillant à la mise en oeuvre du mandat.
Nicolas favorable à investir secrétariat.
Bruno restitue l’expérience 13ème en précisant que la réunion programmée le 30 juin a été remplacée par une réunion à une dizaine avec l’objectif de poursuivre. S’interroge sur la participation jusqu’au bout au secrétariat si le mandat n’est pas respecté.
Eric
« Maintenant à gauche » ne prétend pas être organisateur de quoi que ce soit comme les états généraux mais se veut facilitateur. C’est un projet grand angle. Avec l’objectif de travailler à un projet de gauche, rassembler sur des bases antilibérales mais sans étroitesse. Evoque au passage la perception des collectifs à l’extérieur.
Personne ne peut prétendre aujourd’hui être seul l’organisateur des états généraux. Maintenant à gauche qui a lancé également ce projet n’a pas la vocation à lancer des comités partout pour les initier localement. Dans les endroits où ils sont restés significatifs et réellement à vocation unitaire, les collectifs unitaires peuvent très bien en être les déclencheurs. Et sur Paris cela peut-être le cas mais cela signifie que les collectifs parisiens maintiennent le cap de ne pas se structurer comme un mouvement propre. De ce point de vue, il espère que le principe « une personne, une voix » tel qu’il est sorti dans la motion finale du 24 juin ne sera pas repris car il considère que c’est le début d’une structuration et la fin de l’espoir que les collectifs redeviennent des cadres unitaires y compris pour les mouvements politiques.
Conclusions : Sur le secrétariat, l’intercollectif confirme la désignation de My Hanh et y ajoute celle de Franck. Un troisième nom sera à déterminer à la rentrée pour assurer les suppléances éventuelles.
2 – La réunion des comités Bové du 30 juin
Franck a rendu compte de la réunion des comités Bové en décrivant d’abord la diversité des configurations par arrondissement :
Paris centre a toujours été plutôt une fraction du CUAL, sur le 13ème c’est plutôt une adhésion aux alternatifs + la volonté de réintégrer le CUAL, le 18ème se situera probablement dans la perspective d’une intégration dans le CUAL , 11ème ?, le 10ème caractérisé par une tendance très localiste et le 12ème reste très spécifique)
Les conclusions de la réunion proprement dite : « essayons de mettre en place avec les CUALS une coordination parisienne avec certains ; en sachant qu’il faudrait s’intégrer à terme dans les CUALS ». Un texte est en cours de rédaction et de circulation dans les comités pour être discuté.
La volonté commune est aussi de préparer correctement les Assises de cet automne, sans débordement identitaire comme cela a pu être le cas dans la réunion nationale des 23 et 24 juin.
3 – le tour des collectifs
11 ème (Eric)
Continue à travailler avec des retours dans le collectif et confirmation de la dénomination CUAL. Devait adopté un texte d’orientation politique lors de sa réunion du 5 juillet.
14 ème (Nicolas)
Réunion assez peu nombreuse. La LCR n’était pas présente et le PC est toujours absent hors de sa composante unitaire. Mais Le PC dit qu’il va revenir dans le collectif et qu’il est favorable à la tenue d’états généraux de la gauche antilibérale dans le 14ème. Nous sommes en pleine discussion sur l’adoption de statuts.
14 ème (Omar)
Sur les statuts, ça traîne. On a eu un débat sur les suites, les assises et les états généraux avec des positions un peu différenciées sur le degré d’investissement. Souhait de se laisser le temps de la réflexion. Deux réunions sont prévues dans l’été.
13 ème (Laurent)
Nous sommes moins nombreux que dans la campagne mais les diverses composantes « unitaires » sont toujours présentes. On sent une énorme fatigue. On sent aussi beaucoup de tensions au niveau local dues aux effets de la campagne.
18 ème (François et Franck)
Le collectif a traversé parfois avec quelques tensions les divergences de la campagne présidentielle mais a conservé toutes ses forces à l’exception de la direction de la section du PC. Il sort des législatives avec une assez forte cohésion.
Mais nous savons que nous avons besoin de nous renouveler dans les formes de réunion et nos initiatives si nous voulons nous élargir. Nous avons aussi besoin d’un travail plus coordonné à l’échelle parisienne.
Pierre 14 ème
Préoccupé par l’échéance des municipales.
Paris Centre (Robert)
Une réunion très unitaire de l’avis même du PC a eu lieu. La prochaine aura lieu le 6 septembre. La gauche locale des Verts a décidé de présenter une candidature indépendante du PS. Les conditions d’une candidature unitaire semblent de nouveau réunies.
Paris 5 ème (Michèle)
La perspective des Assises remet de l’huile dans les rouages. On a changé de nom.
4 - les perspectives
Omar
Sur les municipales, je n’y crois pas car la logique des organisations l’emportera.
Propose des assises parisiennes pour discuter alternative politique à l’automne.
Établir un calendrier pour l’été et la rentrée.
Nicolas
Partage que les municipales, c’est joué.
Ne croit pas à un activisme des collectifs mais à un travail de fond dans la durée et plaide pour une sorte d’états généraux à organiser sur Paris… décliner le projet national à l’échelle parisienne.
Eric
Pense qu’au plan des partis, c’est plus bloqué aujourd’hui côté LCR que côté PC et partage l’idée que des choses peuvent bouger.
Ne proposera pas à son collectif de s’épuiser dans des structurations nationales. Mais pense que les collectifs unitaires sont des vecteurs très utiles avec 3 buts :
• Etre une opposition à Sarkozy en déplorant que les réactions ne soient pas actuellement à la mesure.
• Favorable à l’idée de faire un pas sur les états généraux.
• Sur les municipales : ne pas faire l’impasse. Quelle majorité de gauche sur Paris ?
Daniel
Évoque l’expérience LCR à Clermont Ferrand. Sur le fond, ce qui me tarabuste c’est la nécessité de s’élargir ; C’est aussi de travailler sur tous les sujets et de contribuer à des ripostes unitaires comme sur la sécurité sociale.
Se souvient du travail positif sur la charte et s’interroge de ce que l’on doit faire désormais des 125 propositions.
Perçoit l’appel « maintenant à gauche « comme ceux qui ont pas voulu J. Bové ». Une recomposition qui s’adresse à la gauche du PS… il faut aller de la gauche du PS à la LCR.
François
Craint que le processus de fragmentation de la gauche antilibérale soit encore devant nous si on ne fait rien pour le contrarier. Cela veut dire faire converger et affronter le contenu du projet. C’est le sens de « maintenant la gauche », en rien dans la concurrence avec d’autres lieux, d’autres cadres comme les collectifs.
Devant la multiplicité d’initiatives qui s’annonce, souhaite que l’intercollectif soit disponible pour tout ce qui ira dans le bon sens. Dans cet esprit, se dit très favorable à cette idée d’une initiative sur Paris rassemblant toutes les sensibilités, quelle qu’en soit la dénomination.
Pense que l’échéance des municipales peut être décisive sur Paris pour faire exister un courant de la gauche de transformation sociale. A la double condition de s’affirmer très clairement dans l’affrontement gauche-droite en sachant l’investissement de Sarkozy sur Paris et la Région (« discours de Roissy 3 ») - cela signifie de se placer dans la perspective d’un soutien à Delanoë et de manifester notre existence autonome au 1er tour en cherchant sur un rassemblement très large incluant le PC et ses sortants. Cela devrait impliquer un appel en ce sens du l’intercollectif en septembre.
Laurent
Plaide pour une initiative sur Paris plus concrète que « où en est la gauche » et pour ancrer sur les thèmes de la résistance à Sarkozy. Ne pas faire des assises qui s’ajoutent au congrès des autres…
Franck
Pense que si on se cantonne à discuter de tactique électorale et de questions d’organisation, on aura beaucoup de mal à s’élargir.
Oui à des initiatives de mobilisation et à discuter du projet. Il y a plusieurs moyens de faire.
S’alarme du vide sidérant de l’opposition actuelle à Sarkozy mais souhaite qu’un initiative de rentrée la plus unitaire possible de riposte à Sarko soit possible.
Oui aussi à des rendez vous réguliers au niveau parisien avec un thème à chaque fois – logement, question européenne par exemple… Cela peut poser un problème d’articulation avec d’autres initiatives comme « maintenant la gauche » ; sur les élections, les municipales ne sont pas aussi porteuses sans doute que les Européennes.
Pierre
Sur le sang neuf des collectifs… on consomme beaucoup de temps à discuter du passé… on a perdu 40 % de nos forces au comité Bové quand on a passé tout notre temps à parler des causes de l’unité ratée.
Les municipales porteuses ou pas ? l’enjeu est de savoir si nous, on a à apporter quelque chose ou pas.
Michèle paris 5
Pense que certes on ne va pas refaire la gauche avec les municipales mais tout est bon pour avancer. Souhaiterait pouvoir discuter du bilan de la municipalité parisienne et discuter de savoir où peut-on inscrire une différence ?
Omar
Il n’est pas certain qu’il y ait accord entre nous, sur l’analyse de la politique municipale, sur le positionnement par rapport à la majorité PS... Notre vocation c’est l’unité des antilibéraux et pas de se compter.
Sur états généraux et assises parisiennes, essaie de savoir ce qui peut dépendre de nous. Oui au travail de mise en commun des expériences et des analyses. Ne croit pas qu’on puisse parier sur une initiative de très grande ampleur.
Anne
Pense que la situation est assez difficile car nous sommes traversés par les difficultés de l’ensemble de la gauche. Et n’est pas surprise que l’on parle tant du PS. Dit que c’est assez surprenant de voir la crise politique qui traverse les élites… il y a une urgence à la constitution de forces politiques et d’une force politique. _ Assez perplexe quand elle entend dire : « on passe les municipales ». A l’inverse pense qu’il faut « tout mettre dans la bataille pour que se passe quelque chose aux municipales ».
Ne pas se résigner à l’idée qu’il n’y ait aucune force politique à gauche du PS. Je ne me résouds pas à dire « c’est plié pour les municipales ». Je me bats au sein du PC et je me bats ici. Il y a un enjeu très important sur Paris. Un enjeu politique très fort et Sarkozy est sur une lancée formidable.
Favorable à ce que l’on aille vers des états généraux avec une fiabilité politique immédiate d’interpellation.
Eric
Valorise le rôle des collectifs dans la riposte.
Sur les municipales partage F et A et souhaite approfondir le débat d’appréciation.
Sur « Maintenant à gauche », apporte quelques précisions.
Nicolas
• Nos textes fondateurs éclairent l’enjeu des municipales : liste de 1er tour.
• Sur le contenu des états généraux, envisager des thèmes et la riposte mais sans esquiver le cœur qui est la recomposition de la gauche. Pas d’évitement.
• Oui à un espace dans les états généraux pour discuter du bilan Delanoë mais aussi intégrer les thèmes « expériences étrangères ».
• Sur le périmètre, aller de la LCR à la gauche du PS.
Créer un groupe de travail pour élaborer un texte d’invitation aux forces politiques pour cette initiative « états généraux ».
• Evoque la réunion « convergences services publics » avec manif nationale le 29 septembre.
Robert (Paris Centre)
Appeler plutôt « rencontres » la manifestation d’octobre et profiter des "expériences étrangères" comme le propose Nicolas
Ne surtout pas se priver des municipales
Commencer dès maintenant à réfléchir à l’université d’été 2008
Une association de financement à envisager pour ne pas renouveler les difficultés rencontrées cette année.
Conclusions
• 1. Consolider notre coordination avec réunion tous les 15 jours de l’intercollectif.
• 2. Disponibilité pour « politiser les mobilisations ».
• 3. Travailler sur le fond en cherchant à réunir les forces et les sensibilités avec réunions régulières, assises, états généraux, forum… rencontres… Reprendre les propositions de Nicolas. On soumet à la discussion des collectifs ce projet pour l’automne.
• 4. Intégrer un questionnement ouvert sur les municipales.
Réunion de rentrée de l’intercollectif : le vendredi 7 septembre au FIAP, 30 rue Cabanis, 75014 Paris.
Puis réunion le vendredi 21 septembre, pour discuter du retour des collectifs sur les questions de l’initiative de rencontre parisienne à l’automne et de la nature d’un investissement ou non sur les municipales.
