Réunion des collectifs parisiens issus du 29 mai
DOCUMENT D’ÉTAPE POUR UN COMPTE-RENDU DE JAPY.
17 février 2006 - Par les collectifs
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Texte préparé par Daniel, du collectif Sorbonne.
N’hésitez pas à ammender ce compte-rendu par vos commentaires en forum de fin d’article.

Ajouter un compte-rendu de Japy à ceux des débats dans chaque quartier permet d’intégrer la réflexion sur la stratégie pour faire gagner l’alternative au libéralisme à toutes celles abordées dans le cadre de l’élaboration de la charte antilibérale.
L’exemple parisien peut être fructueusement intégré à la dynamique nationale.

La co-organisation de ce forum sur l’alternative politique par les collectifs parisiens et les organisations a été un succès : il a réuni 700 personnes, et permis entre elles un réel échange.

À la recherche d’une nouvelle manière de faire la politique, la forme « forum », différente de la forme « meeting », a consisté, pour atteindre cet objectif de dialogue, à mettre chacun sur un pied d’égalité. Chaque intervenant mandaté par son organisation ou son collectif devait essayer d’apporter sa contribution au débat de l’heure. Les tours de paroles prévus à l’avance ont donc été égrenés au fil des 2 heures, dans une triple succession de 3 porte-paroles d’organisations, 3 porte-paroles de collectifs et des interventions de la salle.

Qui ?
De nombreux militants ont échangés avec ceux qui intervenaient au nom du PCF, de la LCR, de l’union syndicale Solidaires, de PRS, des Alternatifs, de Mars, d’Alternative Citoyenne, de Cactus-La Gauche ou des Alters-ékolos et avec les citoyens qui restituaient la vie de leurs collectifs de quartier (en l’occurrence, Paris centre, 10ème, 11ème, 14ème, 17ème, 18ème, 19ème, 20ème) ou de fac (Jussieu, Sorbonne, Censier).

La dynamique du 29 Mai dure, et son esprit unitaire se réalise dans les collectifs parisiens par une construction militante. Les militants des diverses organisations - qui, auparavant, agissaient en parallèle -, avec les non-encartés, s’habituent à penser ensemble et agir ensemble. Les collectifs se construisent en diffusant des tracts, en étant présents sur les marchés et en organisant des forums.

Le 29 Mai a été une véritable révolution politique, qui a démontré aux yeux de tous que le peuple de gauche est majoritairement antilibéral. Cela est confirmé par toute la semaine parisienne et par ce Japy.
Ceux qui, à gauche, ne défendent que l’alternance, ne sont plus assurés de pouvoir battre la droite. Cependant, la gauche doit élaborer un projet politique réellement alternatif d’une manière crédible.

Le compte rendu des forums a permis de faire apparaître aux yeux de tous une envie d’élaboration collective de fond (voir le 4 page), et une convergence de fait sur des propositions assez radicales.
L’union syndicale Solidaire, en tant que syndicat, a apporté sa contribution au niveau des contenus. Il faut extraire les services publics de la sphère concurrentielle, les étendre à de nouveaux secteurs (eau, logement, petite enfance, …) et que leur gestion soit organisée par les salariés et les usagers. Comme pour les Forums sociaux (Mondiaux, continentaux, locaux), la politique antilibérale est mise en mouvement par la force des salariés et des citoyens.
L’idée que la croissance doit être au service des besoins sociaux et pas des besoins du profit a été largement reprise.

La question implicite mais centrale dans ce forum était : comment est-il possible de réaliser au pouvoir les exigences antilibérales qui nous réunissent tous dans les collectifs ?

La question se cristallise sur deux plans :

• Dans le soutien actif aux luttes sociales, pour contrecarrer dès maintenant la politique au karcher de la droite actuellement au pouvoir.

À plusieurs reprises, le projet de la droite a été qualifié comme le plus réactionnaire depuis Vichy. Face à un tel ennemi, nous avons besoin de luttes sociales de haut niveau (grève générale…).
Contre la répression tout azimut, le CPE, contre la nouvelle loi anti-immigrés que Sarkozy prépare, à l’exemple de la lutte victorieuse des dockers contre une directive européenne libérale, la mobilisation la plus unitaire et la plus massive de toute la gauche a été souhaitée. Elle s’est déjà concrétisée à Strasbourg contre Bolkestein.
Après la défaite de la SNCM ou de la RTM, les collectifs doivent organiser de véritables campagnes nationales de solidarité, par exemple contre le CPE.

• Dans le cadre des élections, pour ou contre des candidatures unitaires de la gauche antilibérale ?

Personne ne s’est franchement opposé à cette perspective, le degré d’enthousiasme variant plutôt en fonction du contour de l’unité électorale.
Les candidatures doivent-elles être celles de toute la gauche (du PS à la LCR) ou celles de la gauche vraiment antilibérale (PCF + LCR + toutes les forces qui ont gagné le non au référendum). Car nous ne pouvons décevoir les millions qui ont voté contre le TCE.
Quand PRS (Pour une République Sociale), association plus large émanant d’un courant unitaire de la gauche du PS, défendait la perspective d’un nouveau front populaire de toute la gauche comme nécessaire à la victoire, la LCR, en désaccord, a insisté sur certaines mesures emblématiques et nécessaires dans un programme d’urgence, comme l’interdiction des licenciements boursiers ou l’abolition de la TVA. Un militant de la LCR, ne pouvant se résoudre au choix entre un nouveau Jospin (Royal ?) et Sarkozy, a défendu la possibilité de construire une nouvelle force, plus large, pour une vraie alternative.
Le PCF, sans trancher, défend auprès du PS que, pour battre la droite, il faut un projet politique vraiment alternatif, et, auprès de la LCR, que pour faire cette autre politique, le peuple peut être au pouvoir.
Les Alternatifs, Mars et Alternative Citoyenne ainsi qu’un certain nombre de militants des collectifs se sont vigoureusement prononcés pour des candidatures unitaires de la gauche antilibérale.

Ces campagnes électorales à venir ne pourraient être envisagées ensemble que dans un véritable travail d’équipe, un attelage comparable à la campagne du 29 Mai.
Sur la question du candidat, Marie-George Buffet a été proposée par un militant du PC. Il lui a été répondu que, pour être unitaire, il ne fallait peut-être pas quelqu’un de déjà encarté.
Si la question, au second tour, du désistement en faveur du candidat de la gauche le mieux placé a été posée, le droit, au premier tour, de pouvoir exprimer le besoin d’une véritable alternative a aussi été souligné.

Pour ne pas reproduire un programme commun, qui n’a pas été appliqué, il faut bousculer le rapport de force à gauche. Tout le monde a été unanime dans la critique de la gauche plurielle, en critiquant sa conception (assez comparable à celle du programme commun de 1981) en accord d’appareil..
Il a été souligné que les questions programmatiques débattues largement, dans le cadre des collectifs, par la population, et plus seulement par les partis politiques constituent en soi une nouveauté. En ce qui concerne les mesures d’urgences, l’élaboration collective de la charte antilibérale peut constituer une réponse.

Reste, sur la question de l’intérêt d’accepter, même hypothétiquement, de s’installer à la tête de l’État, et d’institutions préexistantes, à inscrire l’abrogation de la 5ème République comme mesure d’urgence de la charte antilibérale, en s’accordant pour démarrer une Constituante afin d’instaurer une démocratie aussi effective dans le politique que dans l’économique.

Le débat a été franc, les questions sont restées ouvertes, mais l’atmosphère en conclusion fut assez enthousiaste. Les collectifs montrent une voie. C’est un réel esprit unitaire qui a animé ce débat.

Forum
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