La vérité n’est pas au fil du couperet et le silence est forcément complice...
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Emission en direct sur Radio Aligre, 93.1, tous les mardis de 9h30 à 10h.
Mise à disposition en ligne gratuite, en fichiers mp3, de nombreuses émissions d’économie animées par Pascale Fourier avec des économistes universitaires et intervenants anti-libéraux.
Les lecteurs ou participants au site AU 2007 trouveront dans toutes ces émissions les explications économiques concernant les fondements de la charte antilibérale et du programme "Ce que nous voulons".
Raisons d’éditer
Une syllepse est une forme grammaticale qui privilégie les accords fondés sur le sens plutôt que sur la règle...
Syllepse ! Ce nom n’est ni un hasard, ni un vain mot. Il suffit de regarder notre catalogue qui se veut Babel. Ce qui ne signifie pas cacophonie ! En effet, si les langues sont multiples, elles débouchent, pas à pas - nous l’espérons, nous y travaillons -, vers des compréhensions communes, vers une langue partagée, vers un sens commun, vers des « tous ensemble » de la pensée et de l’action.
Les mouvements et les acteurs sociaux produisent des idées, émettent des propositions, interprètent le monde et agissent sur lui. Syllepse n’est rien de plus qu’une petite maison sans étage au milieu des gratte-ciel, mais c’est un espace de liberté éditoriale, un espace d’« auto-édition », un territoire autogéré qui plante le drapeau d’une autre économie politique sur l’archipel des contestations qui émergent au milieu de l’océan capitaliste. Syllepse est une petite maison au fonctionnement coopératif, un alter-éditeur, dont l’ambition est simple et modeste : pouvoir dire un jour aux propriétaires des gratte-ciel : « Rendez-vous, vous êtes cernés ! »
La gauche antilibérale doit se rassembler afin de proposer pour 2007 un projet unitaire de transformation sociale. Le mouvement contre l¹aggravation de la précarité en souligne l¹urgence. Il faut mettre fin aux politiques libérales, au démantèlement social, à la stigmatisation aggravée des immigrés, à la dérive autoritaire ; et ouvrir une autre perspective.
Depuis plusieurs années, mobilisations sociales et votes sanctions ont contesté ces politiques patronales et gouvernementales sans les mettre durablement en échec. Les politiques des majorités de gauche plurielle n¹ont pas été celles de la droite. Toutefois, dominées par le social-libéralisme, elles ne sont pas revenues sur les dégâts antérieurs et elles y ont ajouté leurs propres renoncements. L¹urgence de battre la droite se conjugue avec la nécessité de proposer des alternatives contre toutes les formes d¹oppression, de domination et d¹exploitation.
Le Non populaire majoritaire du 29 mai a révélé des potentialités. L¹exceptionnelle mobilisation actuelle les confirme. Le libéralisme ne fait pas recette parmi nos concitoyens. Il tire surtout sa force de l¹inconsistance politique qui lui a été opposée sur fond de dégradation des rapports de forces sociaux inhérents au chômage de masse et à la mondialisation capitaliste ; et de désarroi idéologique découlant des échecs des tentatives passées de transformation sociale.
L¹antilibéralisme peut être majoritaire dans l¹électorat de gauche et dans le pays. Voulons-nous concrétiser cette possibilité ? Après le 21 avril 2002 et le 29 mai 2005, de nombreux citoyens recherchent des perspectives alternatives. Les principales forces politiques de la gauche antilibérale doivent y apporter des réponses communes.
Il ne s¹agit pas de refaire la " gauche plurielle " et d¹aller dans un gouvernement sous domination social-libérale. Dire cela n¹induit aucune ambiguïté quant à la nécessité de chasser la droite au deuxième tour en votant pour le candidat de gauche le mieux placé, ce qui n¹implique pas un accord de gouvernement. Peut-on rassembler la gauche sur une base antilibérale ? Si on ne peut imaginer convertir la direction du Parti Socialiste ‹ sans parler des Radicaux de Gauche ‹ à la rupture avec le libéralisme, il est en revanche possible de changer la donne à gauche, d¹y battre le social-libéralisme, d¹y faire prévaloir une orientation de rupture avec le capitalisme libéral. Il faut pour cela construire une dynamique politique et citoyenne.
Lors de la campagne référendaire, un rassemblement populaire majoritaire s¹est construit autour du rejet de la Constitution européenne, alors même que la représentation politique et médiatique dominante y était favorable. Or, il a été rejeté par une majorité de nos concitoyen/ne/s et de l¹électorat de gauche. C¹est de là qu¹il faut partir pour changer les rapports de forces au sein de la gauche et dans le pays. Les échéances électorales de 2007 sont une étape déterminante pour y parvenir.
La gauche antilibérale doit chercher à transformer le rejet majoritaire du libéralisme exprimé le 29 mai en prééminence à gauche des options antilibérales. Pour cela, formulons un ensemble de propositions, radicales et crédibles, pour rassembler toutes celles et tous ceux qui ont intérêt à la transformation sociale et impulsons une réappropriation démocratique des choix sociaux par les citoyens. Des propositions communes sont déjà débattues dans les organisations, les collectifs, les forums unitaires. Si la volonté politique existe, un accord programmatique est possible.
Mais, à la différence d¹un référendum et s¹agissant d¹élections présidentielles et législatives, un projet politique ne peut devenir majoritaire sans le rassemblement qui le porte. Le 29 mai n¹a pas intronisé pas automatiquement les forces éclatées de la gauche antilibérale comme alternative sérieuse. Leur concurrence en 2007 les conduirait à des scores de témoignages. La déception renverrait une fraction de l¹électorat populaire vers l¹abstention, une autre choisirait sans doute le " vote utile " pour " battre la droite " dès le premier tour, quand d¹autres s¹égareraient dans les illusions de la " rupture " version droite musclée. Si l¹alternative n¹est pas réellement crédible, le néo-libéralisme et le social-libéralisme, un temps ébranlés, seront remis en selle par défaut. Pour la gauche antilibérale, dispersion et atomisation, déclin ou marginalisation, reprendraient leurs cours. Une occasion aurait été gâchée, sans doute pour longtemps.
Lors de la campagne référendaire, le rassemblement a pu se faire, notamment grâce à l¹ " Appel des 200 ", parce qu¹il était construit autour d¹une plateforme bâtie sur ce qui rassemble (tout en poursuivant les débats sur les différences), et associait différentes sensibilités politiques, des militants associatifs, syndicaux et des citoyens inorganisés. La même dynamique n¹aurait pas pu se développer autour d¹un courant politique particulier. Des dizaines de milliers de personnes ont pu s¹impliquer parce qu¹elles n¹avaient pas à choisir entre les différentes sensibilités politiques présentes. Ne l¹oublions pas.
Le rassemblement antilibéral est à concrétiser, en créant une dynamique autour d¹une élaboration de propositions communes, d¹un débat citoyen qui s¹en empare, d¹un rassemblement unitaire qui les porte, Il n¹est pas difficile d¹imaginer un collectif de portes-paroles et un accord pour les législatives. Choisir qui figurera sur le bulletin de vote à la présidentielle soulève une difficulté tant sont forts le caractère central de cette élection dans la V° République et l¹enjeu identitaire qu¹il représente pour toute formation politique. Il faut dépasser la tentation de chaque parti de présenter son propre candidat. Pour cela, il faut discuter tout de suite du contenu programmatique pour des candidatures unitaires en 2007, afin de décider, le moment venu, quelles sont les personnalités les mieux à même d¹incarner le rassemblement de toutes les forces de la gauche antilibérale et de porter les propositions communes.
Celles et ceux qui souffrent des politiques libérales ont un besoin urgent de ce rassemblement politique, de résistance anticapitaliste et de transformation sociale, évitant l¹enfermement dans une contestation sans perspective ou la satellisation par le social-libéralisme. Ce pôle antilibéral, porteur des aspirations populaires, ne peut se cantonner aux seules luttes sociales. Il doit aussi s¹affirmer dans le champ politique. Il n¹y aura de changement qu¹en combinant dans la durée mobilisation sociale et action politique. La gauche antilibérale doit maintenant prendre ses responsabilités.
D’accord avec votre texte à une réserve prés, affirmer des à présent une volonté d’appeler à voter pour le candidat de gauche le mieux placé, nous met sous la dépendance totale du social libéralisme. Si le candidat "de gauche" se réclamait ouvertement du blairisme et ne présentait sans autre programme, nous appellerions à voter pour lui ?
Il est clair que les délimitations politiques essentielles en France et en Europe, passent par la conception d’une société libérale ou pas.
Ce qu’il s’agit de construire c’est une force antilibérale qui réponde aux aspirations qui se sont faites jour dans tous les mouvements sociaux de ces dernières années. Cette force peu reposer sur sur une opinion populaire qui s’est exprimé électoralement le 29 mai, ne la mettons pas, sans conditions aux service d’une "gauche libérale" qui à déja fait la preuve de ses renoncements.