Quelque 400 altermondialistes du Maghreb ont ouvert vendredi à Bouznika (50 km au sud de Rabat) les travaux d’une assemblée constitutive du "Forum social maghrébin" (FSM), a constaté un journaliste de l’AFP.
Des représentants d’ONG marocaines, tunisiennes, algériennes et mauritaniennes ont assisté à cette assemblée dont les travaux doivent prendre fin dimanche. Les organisateurs ont déploré l’absence de représentants des ONG libyennes.
Candido Grysbowski, au nom du Secrétariat international du Forum social mondial, a salué les préparatifs pour la création d’un forum social au Maghreb. "Vous avez une culture riche dont le monde a besoin", a-t-il dit en direction de l’assistance.
L’idée d’un forum social pour tout le Maghreb a été lancée en 2004 lors d’une rencontre de quelque 25 personnes au Maroc, a indiqué le Marocain Kamal Lahbib, qui dirige le comité de "pilotage" du projet maghrébin.
"Nous avons constaté qu’il y a échec de l’intégration des cinq pays du Maghreb face aux grands espaces qui se constituent en Europe et dans les Amériques", a-t-il ajouté en soulignant que "les fractures sociales s’amplifient".
"Tout cela nous a conduit à réaliser qu’un Maghreb des peuples est possible", a-t-il dit.
Interrogé par l’AFP, un syndicaliste algérien, Abdelwahab Khoulalen, s’est déclaré "en faveur d’un Maghreb des peuples garant des intérêts sociaux des populations".
"Le Maroc est plus avancé que les autres pays du Maghreb en matière de forums sociaux, d’où l’importance de cette assemblée pour multiplier rencontres et ONG dans chaque pays à part, et aboutir à un Forum maghrébin", ajouté ce syndicaliste de l’UGTA, l’Union générale des travailleurs algériens.
Une participante, Khattou Mint Mohamed Laghdaf, dirige en Mauritanie le Forum de la société civile. "Au Maghreb, en Afrique et dans le monde, nous voulons l’émergence de la société civile", a-t-elle dit à l’AFP.
"Les hautes sphères du pouvoir mauritanien ne peuvent rien faire passer en matière sociale sans l’aval de la société civile", a-t-elle assuré.
Plusieurs ateliers seront consacrés aux thèmes retenus, notamment "Maghreb et mondialisation", "résolution des conflits", "démocratie et droits de l’Homme", "environnement" et "immigration".
