En Europe, 3 pays ont connu une inflation des prix du logement supérieure à 10% en 2004 : Espagne, France et Irlande. De nombreux autres pays européens ont connu des augmentations entre 5 et 8%. L’augmentation des salaires pendant la même période était largement inférieure.
Les dépenses « logement » correspondent, au minimum, à un quart des revenus des ménages à bas revenus. Dans certains pays, pour les ménages à revenus modestes, cette dépense peut dépasser 40% du revenu. En Espagne se sont développés des crédits hypothécaires à 40%, s’appuyant sur 50% du revenu des ménages.
Parmi les 15 anciens Etats membres de l’Union européenne, 1,6% des logements n’a pas l’eau courante, 2,2% n’ont pas les toilettes et 3,2% ne sont pas équipés d’une baignoire ou d’une douche.
Dans les 10 nouveaux pays membres : 8,9% n’a pas l’eau courante, 17,4% n’ont pas les toilettes, 19,2% pas de baignoire ou de douche
Les principales causes de cette situation se retrouvent partout en Europe :
• baisse du rythme de la construction de nouveaux logements (dans le secteur social, les politiques de rigueur budgétaire menées dans les années 1990 ont conduit les Etats à réduire fortement la construction de nouveaux logements sociaux)
• Liberté des prix et phénomènes de spéculation immobilière : les mesures publiques de régulation (par ex. : encadrement des loyers dans le parc locatif privé) par les Etats Membres des marchés du logement ont, sauf dans quelques Etats Membres, disparu avec les mesures de modernisation de l’intervention publique.
• L’on observe dans tous les Etats Membres de plus en plus de « spécialisations » des zones au sein des villes et à leur périphérie où sont regroupées les populations qui n’ont pas accès à un logement normal.
Ce phénomène très important de discrimination se retrouve notamment dans une partie du parc de logements sociaux construits dans les années 1960 dans l’ensemble des pays européens, devenus aujourd’hui des ghettos sociaux.
En France, jamais depuis 1954, la construction de logement social n’a été aussi faible. Les crédits publics consacrés au logement ont baissé de 8,7 % en 2004. Et le gouvernement veut accélérer la vente d’une partie de l’habitat public, favorisant de futures pénuries.
L’essentiel de l’aide au logement est versée à la personne, via l’APL, et non plus à la pierre. Depuis les années 1970, chômage en hausse et choix libéraux obligent, les crédits de construction ont diminué au profit de la « solvabilisation ».
La loi d’Engagement Nationale pour le Logement est de la poudre aux yeux, en décalage complet avec la dramatique crise du logement. Pour répondre à la demande des 3 millions de mal-logés, elle propose la construction de 20 000 logements sociaux supplémentaires sur toute la France…
Sur Paris elle propose la création de 2 000 logements intermédiaires et de 1 000 logements étudiants sur le terrain des Batignolles pour la plus grande joie de Panafieu maire du 17e. Or rien que dans cet arrondissement, 5 102 ménages attendent un logement, arrondissement qui ne compte que 9,3% de logement social, quand la loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU) prévoit un minimum de 20%.
Alors venez participer, vous exprimer et agir, car ensemble nous pouvons encore gagner !
