Réunion des collectifs parisiens issus du 29 mai
Vibrant appel à la manif de demain
17 mars 2006 - Par les collectifs

MANIFESTATION SAMEDI 18 MARS CONTRE LE CNE ET LE CPE A 14H 30, DE DENFERT-ROCHEREAU A NATION

Bonjour à toutes et tous

J’espère que chacun d’entre vous a bien présent à l’esprit la manif de demain et a conscience de son caractère décisif. Quoi qu’il en soit, ça va toujours mieux en le rappelant.

Cette manif représente une étape déterminante dans le mouvement social engagé contre le CNE et le CPE. Avec environ 500.000 étudiants et lycéens dans la rue hier et, en fonction de notre mobilisation, peut-être 1 million de personnes toutes générations confondues demain, le gouvernement ne pourra pas camper sur ses positions.

Il faut absolument obtenir le retrait du CNE et du CPE. La création de ces deux contrats constitue en effet une atteinte grave aux principes fondamentaux du droit du travail. Chaque jour durant deux ans, ils laissent les salariés à la merci de leur employeur, qui jouit ainsi d’un moyen de pression considérable. Le CNE et le CPE représentent alors des menaces fortes contre le droit de grève et de syndicalisation. Et de façon encore plus manifeste, ils réduisent à néant toute protection du salarié vis-à-vis de l’arbitraire de son employeur durant deux ans : maladie, maternité, licenciement… Au fil des ans, on a pu licencier de plus en plus facilement. Désormais, il n’est même plus nécessaire de chercher une justification : durant deux ans (avec la possibilité de cumuler indéfiniment ces périodes en rompant et signant les contrats les uns à la suite des autres, une carence de 3 mois s’appliquant seulement s’il s’agit du même salarié), l’employeur dispose librement de son salarié, réduit à une variable d’ajustement, à un gage de flexibilité indispensable pour faire face à la fluctuation du marché et à la concurrence mondiale, elle-même prônée par le gouvernement et le patronat… Peut-on même encore parler véritablement de contrat de travail ? Celui-ci est censé assurer un compromis acceptable entre les intérêts de l’employeur et ceux du salarié par des engagements réciproques. Or le CNE et le CPE sont des contrats iniques, complètement déséquilibrés au profit de l’employeur (qui, de surcroît dans le cas du CPE, bénéficie de l’exonération des cotisations sociales pendant 3 ans pour l’embauche d’une personne de moins de 26 ans au chômage depuis plus de 6 mois). Et l’on sait que le CNE et le CPE préfigurent un nouveau modèle généralisé de contrat de travail, notre pays étant en retard selon le schéma d’évolution mondial du capitalisme, à savoir la déréglementation sociale et économique.

Le CNE et le CPE constitueraient pour des personnes en difficulté des moyens pragmatiques d’accéder à l’emploi dans un contexte de chômage de masse. Or l’on sait pertinemment qu’ils se substitueront en partie à l’intérim et aux CDD parce qu’ils sont plus intéressants pour l’employeur (moins coûteux et plus souples), mais ne contribueront pas au développement de l’emploi. Et quoi qu’il en soit, serions-nous prêts à tout accepter au nom de l’emploi ? Les personnes qui subissent le chômage au quotidien devraient-elles accepter de renoncer à leurs droits pour obtenir un emploi qui, de plus, peut cesser à tout moment ? Jusqu’où ira-t-on ? Nous expliquera-t-on dans quelques années que le retour au travail journalier est la seule solution pour faire face au chômage ? Encore une fois, les classes dominantes tirent tous les bénéfices du développement d’un capitalisme sauvage générant un chômage de masse, et celui-ci est brandi comme une fatalité pour légitimer les sacrifices qui sont imposés aux plus dominés. Honte à ce gouvernement qui ose de telles injustices ! Et honte à ce gouvernement qui cherche à dresser les personnes en difficulté contre les étudiants et les salariés, d’autant plus que le CNE et le CPE seront en fait également utilisés pour embaucher des personnes qui avaient jusqu’ici accès aux « emplois classiques » ! Nos droits ne sont pas à solder contre du travail (précaire de surcroît), pour qui que ce soit !

On mesure donc bien l’importance des enjeux de ce mouvement social. Si nous remportons cette victoire, non seulement personne ne pourra subir la remise en cause de droits élémentaires que recèlent le CNE et le CPE, mais nous éviterons certainement aussi les autres attaques prévues par ce gouvernement à la pointe de la régression sociale, car nous aurons montré notre capacité de résistance. De plus, cette victoire nous aidera nous-mêmes à croire en celle-ci et favorisera les prochaines mobilisations.

Je considère que la défense de nos droits relève de nos devoirs de citoyen. Nos droits ne sont jamais définitivement acquis et nous en faisons la douloureuse expérience depuis un certain nombre d’années. Si nous ne luttons pas, ces droits conquis par les générations précédentes vont progressivement disparaître. L’histoire s’écrit chaque jour et ne va pas nécessairement dans le sens du progrès. Alors à nous de lui donner le sens que l’on souhaite, à nous de prendre notre destin en main.

Il n’y a pas de mystère. Pour être au moins 1 million demain (au niveau national, restons modestes), il faut que chacun soit au rendez-vous. Ce qui revient à ne pas se contenter d’approuver le mouvement tout en comptant sur la présence des autres. Alors venez en famille, avec vos amis… et diffusez ce message !

Et pour la suite du mouvement, pourquoi ne pas proposer l’organisation d’un rassemblement dans une ville de banlieue populaire (La Courneuve par exemple), avec des interventions des syndicats lycéens, étudiants et salariés, de la coordination nationale des collectifs du 29 mai ainsi que de la LCR, du PCF et de PRS, suivies de concerts et de bals populaires ?

En attendant, à demain 14h 30 à Denfert-Rochereau.

Cordialement

Frédéric, collectif du 17ème

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